LE CHASSEUR D'APPARTEMENTS

C’est la dernière tendance du secteur de l’immobilier, tout droit venue des pays anglo-saxons. Du fait du développement récent de cette activité, on le trouve encore essentiellement par le bouche à oreille, ou via Internet, pour ceux qui ont un site.

Chasseur d’appartements, c’est quoi ?

Le sur mesure de l’immobilier est né d’un constat simple : le marché est complexe et les gens ont peu de temps. Une solution : faire appel à un professionnel qui possède les compétences, les contacts et le temps nécessaire à la recherche et à l’acquisition d’un bien immobilier. Non seulement le chasseur cherche pour vous, mais il sait décrypter les petites annonces, débusquer les pièges, dénicher les bonnes affaires… Il a un rôle de conseil. Le travail du chasseur ressemble à celui du négociateur immobilier, à une différence près, essentielle : le premier a pour préoccupation première l’acquéreur, tandis que le second est avant tout à l’écoute du vendeur…

Il travaille comment ?

Tout commence par un rendez-vous préliminaire au domicile du client afin d’établir une description aussi fine que possible du bien recherché : surface, quartier, prix, mais aussi parking, vue, orientation, type d’immeuble… Cette rencontre permet au chasseur d’observer le mode de vie de son client, ses goûts… Muni de ces informations et de ces observations, il se met en quête : il utilise différentes sources : revues spécialisées, sites Internet, contacts personnels…, et consulte son réseau de partenaires (agents immobiliers, notaires, avocats, courtiers en prêts bancaires…) pour être informé de la mise en vente d’un bien. Puis, le chasseur visite seul tous les appartements susceptibles de correspondre aux attentes de son client. Il en fait un compte rendu détaillé (description de l’appartement, de l’immeuble, de la rue et du quartier), photos numériques à l’appui, et le fait parvenir, en général, via Internet à son client. Les appartements retenus sont visités une nouvelle fois en compagnie du client. Si aucun ne fait l’affaire, c’est reparti pour d’autres recherches. En revanche, si le client a trouvé son bonheur, le chasseur l’accompagne jusqu’à la signature de l’acte de vente (rendez-vous à l’agence, chez le notaire…). C’est un métier qui demande beaucoup de déplacements. Le « deux roues » est d’ailleurs le moyen de transport privilégié des chasseurs, qui peuvent facilement visiter six à sept appartements dans la même journée.

Quelles perspectives ?

Effet de mode ou non ? En tout cas, le métier se développe depuis quelques années dans la capitale, et des perspectives apparaissent dans les grandes villes de province et sur la Côte d’Azur… Du fait de la pénurie de logement dans les grandes agglomérations, ce service répond à un réel besoin. Cependant, l’immobilier est un secteur fluctuant… Aujourd’hui, l’envolée des prix tempère un peu les acquéreurs potentiels qui préfèrent différer leur achat. Il faut alors pouvoir tenir le coup en cas d’accalmie du marché. Quelques sociétés emploient des collaborateurs salariés ou en free lance, mais elles sont encore très peu nombreuses (Côté Acheteur, Flat Hunter…). La plupart des chasseurs travaillent en indépendants.

Un client virtuel.

Patrice Ordacji, 34 ans, est directeur de Home Safari à Paris. Diplômé d’école de commerce, son expérience professionnelle (banque, export, start-up) révèle son goût pour le commerce, la relation client et le sens du service. Son expérience personnelle (achat d’un bien immobilier) lui confirme une intuition : le marché est complexe et les gens ont besoin d’être aidés et conseillés. Et en 2003, il se lance en créant Home Safari : « On se comporte comme un client virtuel. On fait gagner du temps à nos clients et aux agences. On a un excellent rapport avec elles, nous ne sommes pas concurrents, elles ont un mandat de vente, nous un mandat de recherche. Avec les clients, on instaure une vraie relation, on apporte une réelle solution aux problèmes qu’ils rencontrent, parfois ils souhaitent de l’aide pour se décider. D’ailleurs, on est souvent invité aux pendaisons de crémaillères ! C’est un métier difficile, il faut trouver des réseaux, les bons produits partent très vite. Ce n’est pas encore un marché de masse mais je pense que c’est un service qui a de l’avenir ».

Qualités. Réactif, persévérant, psychologue, le chasseur d’appartements doit posséder un réel sens du commerce et du service, et avoir le goût du contact.

Formation. Pas de formation ou de diplôme spécifiques pour exercer. Toutefois, mieux vaut connaître un peu le secteur de l’immobilier et avoir quelques notions de droit pour débuter… Seul impératif, posséder la carte professionnelle comme pour tout agent immobilier.

Salaire. Difficile de donner une indication. Les modalités de rétribution varient, mais la pratique consiste à toucher un pourcentage sur le montant de la transaction. La rémunération est donc fonction du nombre de contrats menés à terme. Généralement, le chasseur demande un montant forfaitaire pour entamer la recherche et, si la vente s’effectue, prend une commission de 2 à 5% du prix de vente..